La Fin d'Oak Street : le pavillon de banlieue comme dernier refuge
David Robert Mitchell arrache un lotissement américain à la surface de la Terre. Anne Hathaway et Ewan McGregor y tiennent une famille qui n'a plus que ses murs. La presse comme le public l'ont accueilli autour de 3 sur 5.
Le point de départ tient en une phrase : à la suite d'un événement cosmique, une rue résidentielle et ses habitants se retrouvent transportés dans un environnement qui ne répond plus à aucune règle connue. David Robert Mitchell, à qui l'on doit It Follows, revient donc à ce qu'il sait faire : transformer un décor banal en menace.
Ce qui fonctionne
Le premier acte est le meilleur. Le réalisateur prend le temps de filmer la normalité — les pelouses tondues, les allées identiques, la routine — avant de la déplacer. Le contraste produit un malaise que peu d'effets spéciaux atteignent, parce qu'il repose sur la reconnaissance plutôt que sur la surprise.
Anne Hathaway et Ewan McGregor tiennent des rôles de parents ordinaires, ce qui suppose de renoncer à l'effet. Ils y parviennent.
L'idée possède quelque chose d'aussi simple que vertigineux : confronter un lotissement parfaitement ordonné à un monde qui n'obéit plus.
Ce qui bloque
Le film choisit assez vite le drame familial contre le vertige cosmique. C'est un choix défendable — filmer l'inexplicable finit toujours par le réduire — mais il ampute la seconde heure de sa charge d'inquiétude. On passe d'un cauchemar collectif à un récit de cohésion domestique, avec les scènes attendues du genre.
Les notes recueillies
- Presse — autour de 3,1 sur 5.
- Spectateurs — autour de 3,0 sur 5.
- Notre note — 3 sur 5 : une première heure remarquable, une seconde plus sage.
Faut-il y aller
Oui, si le cinéma de genre vous intéresse pour ses idées de mise en scène plus que pour ses explications. Non, si vous attendez que le film réponde aux questions qu'il pose : il ne le fera pas, et ce n'est pas un défaut — c'est un parti pris que la fin assume à peine.
Critique · en salles — écrire à la rédaction