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Contrechamp Le cinéma français, et ce qui l'entoure
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Ce numéro · Rentrée · Les sorties françaises

Rentrée

L'automne français : Mysius, Herry, Canet dans la même fenêtre

Trois films français d'auteurs installés sortent entre le 16 septembre et le 21 octobre. Sur un marché où le nombre de salles n'augmente pas, cette concentration pose un problème arithmétique.

Par Salomé Vaquier13 août 20265 min de lecture

Le 16 septembre sort Histoires de la nuit, de Léa Mysius, adapté du roman de Laurent Mauvignier, avec Hafsia Herzi, Benoît Magimel et Monica Bellucci. Une semaine plus tard, Garance, de Jeanne Herry, avec Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau. Puis, le 21 octobre, Karma, de Guillaume Canet, avec Marion Cotillard et Denis Ménochet.

Le problème n'est pas la qualité

Ces trois films n'ont pas grand-chose en commun sinon d'être portés par des réalisateurs installés et des distributeurs solides. Le problème est arithmétique : le nombre d'écrans disponibles pour un film français d'auteur en première semaine n'a pas augmenté, et il se répartit désormais entre des titres qui visent le même public.

Trois films pour la même case. Deux tiendront trois semaines, le troisième disparaîtra.
Un exploitant de salle art et essai

La mécanique des dates

Une date de sortie se choisit dix-huit mois à l'avance, souvent avant même le tournage, en fonction des sorties concurrentes annoncées et des créneaux laissés libres par les grosses productions internationales. Chaque décalage produit un effet domino : un blockbuster repoussé de deux semaines déplace mécaniquement une dizaine de films français.

Ce qui départage les films en salle

  • La deuxième semaine. Une perte inférieure à 40 % des entrées signale un vrai bouche-à-oreille.
  • Le nombre de copies à la sortie, qui conditionne la visibilité initiale mais aussi le risque.
  • Les séances du soir conservées après quinze jours : c'est là que se lit la confiance des exploitants.
  • Les reprises en art et essai, souvent le seul débouché des films qui n'ont pas démarré fort.

Notre pronostic prudent

Le film de Mysius bénéficie d'un roman connu et d'une distribution qui parle à la presse. Celui de Jeanne Herry vise un public plus large qu'il n'y paraît. Celui de Canet a le réseau le plus solide en salles. Aucun des trois n'échouera vraiment ; aucun n'atteindra non plus les chiffres qu'il aurait faits en sortant seul.

Salomé Vaquier

Rédactrice en chef — écrire à la rédaction

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