Fjord : une Palme d'or lâchée en plein mois d'août
Le nouveau film de Cristian Mungiu, avec Sebastian Stan et Renate Reinsve, arrive en salles le 19 août. Sortir un film primé à Cannes au cœur de l'été est un pari de distribution : à contre-courant, et pas sans raison.
Le nouveau film de Cristian Mungiu arrive en salles françaises le 19 août, distribué par Le Pacte, avec Sebastian Stan et Renate Reinsve à l'affiche. Le réalisateur roumain n'a jamais fait de films confortables, et l'exercice de la sortie estivale ne l'est pas davantage.
Pourquoi sortir en août
La logique traditionnelle veut qu'un film exigeant sorte à l'automne, quand le public cinéphile revient et que la presse dispose de place. Août est réputé pour les blockbusters et les films familiaux. Mais cette règle s'est déplacée : la concurrence de septembre est devenue si dense que certains distributeurs préfèrent une fenêtre plus calme, où un film peut tenir plusieurs semaines à l'affiche sans être écrasé au bout de dix jours.
Mieux vaut trois semaines dans un mois vide que dix jours dans un mois plein.
Ce que le film propose
Mungiu construit ses films sur des situations morales dont on ne sort pas indemne : un dilemme posé simplement, puis suivi jusqu'à ses conséquences les moins confortables. Le duo Sebastian Stan – Renate Reinsve fonctionne sur ce registre, deux comédiens capables de tenir des plans longs sans surjouer le trouble.
Ceux qui attendent un rythme soutenu seront déçus ; ceux qui acceptent la durée trouveront un film qui travaille l'ambiguïté plutôt que la résolution.
À qui s'adresse ce film
- Aux spectateurs qui aiment les récits moraux sans morale explicite.
- À ceux qui supportent une durée longue et des plans qui ne coupent pas.
- Moins à un public cherchant une séance de détente en pleine canicule.
- Idéalement en salle : le travail sonore ne survivra pas à un visionnage domestique.
Notre réserve
Le film pousse loin son dispositif, parfois au-delà de ce que le scénario peut porter. Certaines scènes prolongent une tension déjà installée, et l'on perçoit le geste du metteur en scène là où l'on devrait ne voir que la situation. C'est le défaut classique du cinéma de la contrainte morale : à trop vouloir éprouver le spectateur, on lui rappelle qu'il est au cinéma.
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